INFIPP à La Prestige du Club 2026 à Metz : table ronde sur l'exemplarité et photographie collective des intervenants.

Et si l’exemplarité d’un dirigeant se mesurait à sa capacité à faire grandir le pouvoir d’agir des autres ?

Le 22 octobre dernier, Anna Bayle et Olivier Astruz ont participé à la quatrième édition de La Prestige du Club, organisée par le Club Metz Eurométropole, dans le cadre remarquable du Royal à Metz.

Une soirée de rencontres et de réflexions autour d’une question essentielle : « L’exemplarité à l’épreuve : moralisme ou responsabilité ? »

À cette occasion, INFIPP a souhaité partager une conviction profondément ancrée dans son identité de société coopérative : l’exemplarité ne repose pas uniquement sur celui ou celle qui dirige. Elle se construit aussi dans notre capacité collective à coopérer.

Nous associons souvent l’exemplarité à la figure du dirigeant : celui qui montre la voie, incarne les valeurs et donne le cap.

Mais être exemplaire, est-ce chercher à être suivi ? Ou est-ce plutôt créer les conditions pour que chacun puisse trouver sa place, exercer sa responsabilité et contribuer aux décisions ?

Notre expérience coopérative nous enseigne que diriger ne signifie pas décider seul.

Donner une direction n’empêche ni le dialogue ni la contradiction. Exercer le pouvoir ne signifie pas en être propriétaire. Et partager les responsabilités ne signifie pas renoncer à décider. La coopération ne se décrète pas. Elle se construit au quotidien, dans la confiance, l’écoute, la reconnaissance des compétences et la possibilité donnée à chacun de contribuer, y compris en exprimant un désaccord.

Cette réflexion prend une résonance particulière dans notre champ d’engagement : la santé mentale.

Nous ne pouvons pas demander aux personnes d’être toujours plus autonomes, responsables et résilientes sans interroger les organisations et les conditions dans lesquelles elles évoluent. Prendre soin des personnes suppose aussi de questionner les systèmes qui peuvent les fragiliser ou les épuiser.

C’est pourquoi, chez INFIPP, nous défendons une approche de l’exemplarité fondée davantage sur la cohérence que sur la perfection, sur la responsabilité que sur l’injonction, et sur la coopération plutôt que sur la seule figure du dirigeant.

La question n’est peut-être pas tant : « Sommes-nous exemplaires ? » mais plutôt : « Qu’est-ce que nos manières d’agir et de décider rendent possible pour les autres ? »

C’est aussi tout le sens de notre modèle coopératif : construire une organisation vivante, capable d’apprendre, de se remettre en question et de faire grandir le pouvoir d’agir de chacun.

Nous remercions chaleureusement Guy Keckhut pour son invitation et l’animation de ces échanges, Gilles Charles et le Club Metz Eurométropole pour l’organisation de cette rencontre, ainsi que Simon Hoayek, Daniela Martin, Arthur Lenne et Isabelle Wendling pour la diversité et la richesse de leurs regards.

Et si la véritable exemplarité consistait, finalement, à rendre la coopération possible ?

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